Avis d'information et de consultation publique - Mot du maire

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mot du maire

Quelle drôle d’année ! une toute petite bestiole, invisible a mis le monde à genoux. Nous, forts de notre arrogance, de notre toute puissance, super connectés, médiatisés à l’excès, toujours pressés, …eh bien nous voilà impuissants, confinés, infantilisés…
L’épidémie de coronavirus et plus précisément le confinement généralisé fonctionne comme un révélateur de bien des travers de notre modèle économique et socio-politique et cristallise les fractures de notre société. Surtout elle met en perspective un aspect trop souvent méconnu ou sous-estimé de l’inertie technocratique, bureaucratique de nos organisations. Souvenons-nous de cette période où la France entière, citoyens comme élus ou responsables exécutifs locaux, sommaient le gouvernement de déclarer de combien de masques, de combien de tests, de combien de blouses….., l’Etat disposait. Cette période où nous nous demandions pourquoi il fallait tant de temps pour homologuer des tests…
Depuis des semaines, la France « d’en bas », celle de la débrouille, se sent entravée, empêchée de combattre par un pouvoir, relayé par son administration qui semble plus préoccupée de se prémunir contre de futurs procès que de prendre des risques inévitables en période de forte incertitude.
Face à l’urgence, il faut essayer de tenter des initiatives plutôt que d’attendre qu’un inconnu parisien définisse une conduite à tenir à partir d’une modélisation évanescente. Plus efficacement, les héros du confinement sont précisément ces médecins, urgentistes, infirmières, patrons de région, chefs d’entreprises, salariés, agriculteurs, enseignants, élus locaux, maires, particuliers, bénévoles.. de tout âge et de tout bord qui surent et savent inventer des solutions, imaginer des moyens de parer au plus pressé. Ici, on créa de toutes pièces des usines de production de masques en tissu, là on alla réquisitionner des respirateurs chez les vétérinaires ou on transforma des sacs poubelle en blouses, là encore, à Campigny, on fabriqua des masques artisanaux, des visières de protection. Pourtant ce n’était écrit dans aucun formulaire, mais peu importe, ces acteurs prirent les libertés qu’ils estimaient nécessaires de prendre pour compenser les défaillances. L’expérience de terrain compte, il y a des choses qui ne s’apprennent pas dans les livres, il serait temps de s’en apercevoir. Il faut mettre fin à la méconnaissance très répandue de la réalité de ce qu’est le travail au quotidien des gens de terrain, un engagement couteux, qui honore la plupart des hommes et des femmes qui y sacrifient une grande partie de leur vie.
Alors, comment comprendre où se prennent les « (mauvaises) décisions publiques », ou comment les bonnes décisions se transforment en injonctions paradoxales, en réalités dénuées de bon sens pour le citoyen ou l’entrepreneur lambda ? Les labyrinthes administratifs qu’empruntent les décisions politiques scellent les difficultés que nous avons à démêler les responsabilités des uns et des autres. Toujours est-il que, ces dernières années, le décalage entre les élites et le peuple ou entre l’Etat et les citoyens, urbains et ruraux s’est accentué. L’Etat providence, l’Etat protecteur est non seulement de plus en plus impuissant, mais aussi de plus en plus sourd aux attentes et aspirations citoyennes.
Ces dernières années, nos Présidents de la République, en début de mandat, ont tous clamé qu’ils allaient réformer les démarches administratives. Vœu pieux qui, en réalité, sur le terrain se traduit par toujours plus de bureaucratie, catalysée par la fameuse dématérialisation des échanges….
Ces propos, je me permets de les énoncer ainsi après tant d’années professionnelles passées au carrefour entre les réalités de terrain, le quotidien et les exigences de mes interlocuteurs d’instances dites dirigeantes, à l’échelle du département, à l’échelle nationale, après également, un certain nombre d’années d’élu local imbriqué encore dans les mêmes interrelations.
Après ce billet d’humeur, je reviens à notre quotidien :
Cette année, concrètement sur le plan communal, vous avez élu de nouveaux conseillers municipaux. Je ne reviens pas sur ces élections qui toutefois ont été précédées par une rencontre citoyenne riche en échanges dont le but était de sensibiliser des personnes à la fonction d’élu. La mise en place de ce nouveau groupe a été, et est encore à ce jour percuté par la pandémie puisque les contraintes sanitaires conduisent à de nombreuses restrictions et annulations de réunions, commissions, manifestations ou animations. Nous retrouvons les mêmes entraves en communauté de communes dans laquelle bon nombre d’instances tardent à se mettre en place ou au moins à être fonctionnelles. Ainsi, la vie démocratique de nos territoires ne peut s’exprimer pleinement, nous devons gérer l’urgence et l’essentiel en s’adaptant, au jour le jour aux nouvelles contraintes et incertitudes.
Nous avons retrouvé ces aléas autour de notre école qui a pu avec des aménagements, certes pas toujours facilitateurs, fonctionner. Je tiens ici à souligner la grande disponibilité des enseignants et leur professionnalisme toujours aussi prédominant. Les mêmes propos sont également à adresser à l’ensemble des personnels, qu’ils travaillent à l’école, à la mairie en service administratif ou technique.
Des travaux dans la commune sont programmés, la réalisation a pris également du retard et je pense que 2021 en verra l’effectivité. Le « Campignois » vous en donnera l’avancée.
Nous avons décidé, à titre exceptionnel, la distribution auprès de nos concitoyens dits du quatrième âge, de paniers garnis en lieu et place des banquets habituels, mais annulés. Ils ont été commandés à notre seul commerce local pour lui apporter un peu d’oxygène, bien utile en cette période d’interdits, également auprès d’un producteur du village.
Afin de garder quand même un air de fête dans le village pour cette fin d’année, de nouvelles décorations sont installées.
Je ne vais pas développer plus mais je souhaite à tout le monde de tenir bon, nous ne sommes pas encore sortis de cette pandémie et la vigilance de chacun pour lui-même et envers les autres, proches ou anonymes est essentielle.
Alors malgré ces épreuves, essayons toutes et tous, dans la mesure du possible, de passer de bonnes fêtes de fin d’année.
Bien cordialement
Jean-Marc Bisson

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